Les électeurs se sont rendus aux urnes ce lundi pour la dernière phase des élections de l’assemblée législative au Cachemire administré par le Pakistan, après des semaines de manifestations violentes et d’affrontements avec les forces de sécurité qui ont marqué la campagne dans cette région himalayenne disputée, ont indiqué des sources officielles. Hommes et femmes ont fait la queue dès l’aube devant les bureaux de vote du district de Poonch, où quatre sièges de l’assemblée étaient en jeu sous de strictes mesures de sécurité.
Scrutin en cours sur fond d’appel au boycott par un groupe interdit
Raja Shakeel, porte-parole de la commission électorale régionale, a confirmé que le vote se déroulait activement dans quatre circonscriptions malgré l’appel direct au boycott lancé par le Comité d’action conjoint Joint Awami Action Committee (JAAC), organisation déclarée illégale. Le mouvement interdit avait instamment exhorté les résidents à ne pas participer au processus électoral. Le gouvernement régional a récemment banni ce groupe, invoquant des impératifs croissants de sécurité et d’ordre public à la suite de semaines de troubles.
Le parti au pouvoir s’assure la majorité alors que des personnalités clés s’affrontent
Le Pakistan Muslim League-N (PML-N), parti au pouvoir au Pakistan, s’est déjà assuré une majorité législative et devrait largement former le gouvernement régional pour la première fois en une décennie. Le parti a remporté 24 des 34 sièges attribués lors des deux premières phases du scrutin. Plusieurs figures politiques de premier plan s’affrontent lors de ce dernier tour, notamment le Premier ministre régional Faisal Rathore, aux côtés des anciens Premiers ministres Sardar Attique Ahmed Khan et Sardar Tanveer Ilyas Khan, ainsi que Mushtaq Minhas, vice-président senior du PML-N.
L’âpre5 litige autour des sièges législatifs réservés
La source principale de friction entre le JAAC et le gouvernement régional concerne 12 sièges législatifs réservés aux personnes déplacées du Cachemire contrôlé par l’Inde depuis la fin de la domination coloniale britannique en 1947. Le JAAC soutient que cette attribution confère une influence politique disproportionnée à des extérieurs et a exigé l’abolition de ces sièges. Formé en 2023, le comité d’action réclame des droits politiques élargis, tandis que le gouvernement soutient avoir accédé à 36 des 38 revendications formulées par le groupe.



