Ce dimanche, la ville de Nagasaki, située dans le sud-ouest du Japon, a commémoré le 81e anniversaire du bombardement atomique américain. Le maire, Shiro Suzuki, a qualifié la dissuasion nucléaire de « mal absolu » et a exhorté le gouvernement national à respecter strictement ses principes non-nucléaires d’après-guerre. Des représentants de plus de 90 pays se sont rassemblés au Parc de la Paix pour cette cérémonie solennelle, observant une minute de silence à 11h02 en mémoire des victimes de la tragédie de 1945.
Le maire met en garde contre les risques de la dissuasion nucléaire
Au cours de la cérémonie commémorative, le maire Shiro Suzuki a critiqué la dépendance internationale croissante à l’égard des stratégies de défense nucléaire. Il a soutenu que, bien que certaines nations croient que la possession d’armements nucléaires dissuade d’éventuels agresseurs, la destruction historique d’Hiroshima et de Nagasaki prouve que l’humanité peut franchir des lignes catastrophiques. M. Suzuki a déclaré que les armes nucléaires ne constituent pas un « mal nécessaire » mais un « mal absolu », avertissant explicitement les dirigeants des États dotés de l’arme nucléaire qu’une dépendance accrue à la dissuasion accroît le risque d’une guerre nucléaire mondiale.
Tensions politiques et révisions de la politique de défense
Cet anniversaire coïncide avec la révision par l’administration de la Première ministre Sanae Takaichi de la politique de défense du pays, visant à renforcer les capacités militaires offensives. Des spéculations croissantes entourent la possibilité que Mme Takaichi, partisane de la dissuasion nucléaire, autorise l’introduction d’armes nucléaires sur le territoire national, ce qui violerait potentiellement le troisième principe non-nucléaire du Japon. Bien que Mme Takaichi ait assisté à la cérémonie de dimanche et réitéré l’engagement de son administration en faveur d’une approche réaliste menant à un monde exempt d’armes nucléaires, elle est restée ambiguë concernant les trois principes non-nucléaires et n’a pas mentionné le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, que Tokyo refuse de signer en raison du parapluie nucléaire américain.
Les survivants expriment leur frustration et leur inquiétude
La communauté décroissante des survivants, connus sous le nom d’hibakusha, a exprimé sa profonde frustration face à la position du gouvernement sur la dissuasion nucléaire. Des manifestations ont eu lieu à Hiroshima et à Nagasaki concernant l’assouplissement potentiel des politiques non-nucléaires. Les chiffres officiels indiquent que le nombre de victimes survivantes est tombé à 91 105 — soit environ un quart du total initial —, avec un âge moyen dépassant 86 ans, ce qui soulève des préoccupations urgentes quant à la préservation de la mémoire historique des bombardements de la Seconde Guerre mondiale.



