À l’approche des élections en Israël, des analystes avertissent que le Premier ministre Benjamin Netanyahu pourrait chercher une nouvelle escalade militaire, compromettant les efforts de désescalade en Syrie. Au lendemain d’une frappe aérienne attribuée à Israël sur la base d’Abu al-Duhur, près d’Idlib, l’ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, a suggéré la création d’un mécanisme de communication trilatéral.
Bien que Washington qualifie ces attaques d’inutiles, les experts doutent de l’efficacité de telles initiatives face aux actions unilatérales d’Israël. Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, les forces israéliennes multiplient les raids sur le territoire syrien. Samy Akil, conseiller auprès de The Syria Report, souligne : ‘Il est difficile d’instaurer un mécanisme de désescalade lorsqu’une seule partie est à l’origine du conflit.’
Une réorientation géostratégique
Israël a progressivement déplacé son attention militaire des intérêts iraniens vers l’influence turque grandissante en Syrie. Ankara soutient activement le nouveau gouvernement dirigé par le président Ahmed al-Sharaa, ce qui suscite l’inquiétude de Tel-Aviv face au déploiement de troupes turques sur certaines bases syriennes.
La Turquie a fermement rejeté les accusations israéliennes, les qualifiant de prétextes expansionnistes visant à violer la souveraineté syrienne. Pour les observateurs, la viabilité de tout processus de paix dépend désormais de la volonté de Washington d’imposer des limites strictes au gouvernement israélien.
Le rôle clé de Washington
Galip Dalay, chercheur à Chatham House, estime que Netanyahu cherche à provoquer des tensions en vue des élections d’octobre. ‘Si les États-Unis exercent une véritable pression sur Israël, celui-ci obtempérera’, affirme-t-il, soulignant que la crédibilité du processus de paix repose entièrement sur l’engagement diplomatique américain.



