Dans une récente tribune consacrée à l’éducation publiée par MindBodyGreen, la psychothérapeute et essayiste Lia Avellino met en lumière un piège parental paradoxal : les conséquences involontaires d’une tentative constante de comprendre et d’analyser le moindre comportement d’un enfant. Si l’éducation contemporaine accorde une place prépondérante à la curiosité et à la recherche de sens, les experts avertissent qu’un questionnement incessant peut, par mégarde, éloigner les enfants et substituer un examen clinique à une connexion empreinte de compassion.
Le piège du questionnement perpétuel et de l’examen clinique
Il est naturel pour les parents de chercher à décoder les émotions de leur progéniture, mais Lia Avellino observe que cette démarche conduit fréquemment à une quête interminable du « pourquoi » sous-jacent à des actions anodines. Face à un épisode d’anxiété ou à un défaut de concentration, les parents s’empressent souvent de se demander si cela traduit un trouble du développement ou une affection telle que le TDAH. Cette approche filtre les relations à travers le prisme de l’investigation plutôt que par une curiosité authentique et bienveillante, donnant aux enfants le sentiment d’être disséqués plutôt qu’acceptés.
Le pouvoir de la « présence » par rapport à la correction
S’appuyant sur l’histoire de la psychanalyse, Donald Winnicott a forgé dès 1953 le concept du parent « suffisant ». Ce cadre théorique démontre que les parents n’ont nul besoin de détenir toutes les réponses ni de cerner chaque motivation ; il leur incombe simplement d’offrir une présence émotionnelle stable. Lia Avellino souligne que la véritable intervention trouve son origine dans cette présence, invitant les pères et les mères à apprivoiser leur propre malaise et leur impuissance au lieu de chercher à régenter ou à apaiser d’emblée toute tempête émotionnelle.
Redéfinir l’écoute et le lien dans l’exercice parental
Les recherches démontrent de manière constante que les individus prêtent le moins d’attention à ceux qu’ils croient le mieux connaître, en raison de l’anticipation des réponses. Une écoute véritable exige de dépasser la stricte littéralité des mots pour embrasser l’ensemble de l’expression d’un enfant, incluant sa communication non verbale et son ton. En s’affranchissant du besoin permanent de décryptage et de contrôle, les parents favorisent l’instauration d’une confiance plus profonde, offrant ainsi aux enfants l’espace nécessaire pour s’épanouir et évoluer spontanément.



