David Fenton explique comment remporter le débat sur le climat

10 août 2026 at 22:38
3 min read

Le militant progressiste chevronné et pionnier des relations publiques David Fenton soutient que le mouvement écologiste perd actuellement la guerre de l’information face à l’industrie des combustibles fossiles, en raison d’une défaillance fondamentale dans la communication publique. S’exprimant dans le podcast Sustainability In Your Ear aux côtés de l’animateur Mitch Ratcliffe, Fenton a détaillé comment, en dépit d’une préoccupation publique généralisée concernant le réchauffement climatique, des messages inadaptés et un manque d’infrastructures de sensibilisation dédiées laissent des millions de partisans potentiels démobilisés.

L’anatomie d’un désarmement informationnel

Selon des recherches citées en provenance de l’Université Yale, environ 80 millions d’Américains s’inquiètent du changement climatique, et près de 40 millions expriment le désir de s’engager politiquement sur cette question. Cependant, seuls 3 millions environ y participent activement. Lorsque les chercheurs demandent aux 37 millions restants pourquoi ils demeurent inactifs, la réponse la plus fréquente est simplement que personne ne leur a demandé de le faire. Fenton souligne que seuls 12% des Américains voient quoi que ce soit au sujet du changement climatique sur les réseaux sociaux, tandis que les deux tiers n’en entendent que rarement ou jamais parler par le biais d’amis ou de médias. Il qualifie cette négligence de désarmement unilatéral face à l’industrie des combustibles fossiles, qui considère la persuasion du public comme une fonction commerciale essentielle.

Les failles de la communication et du vocabulaire climatiques

Fenton, fondateur de Fenton Communications en 1982 et auteur de l’ouvrage The Activist’s Media Handbook: Lessons from Fifty Years as a Progressive Agitator, attribue une partie de cette rupture de communication à l’utilisation d’une terminologie abstraite. S’appuyant sur les analyses du linguiste cognitiviste George Lakoff, Fenton explique que des expressions telles que zéro net et des termes comme carbone ou justice climatique ne trouvent pas d’écho auprès du grand public. Les militants devraient plutôt adopter un langage plus simple, tel que pollution, qui évoque immédiatement une compréhension partagée d’une couverture d’émissions piégeant la chaleur autour de la planète.

Construire des majorités et valoriser les porte-parole

Revenant sur des décennies de campagnes historiques — notamment sa contribution à la libération de Nelson Mandela, à la fin de l’apartheid, à l’interdiction de la fracturation hydraulique dans l’État de New York, ainsi qu’au lancement du désinvestissement des énergies fossiles aux côtés d’héritiers de la fortune de la Standard Oil —, Fenton souligne que les majorités se construisent grâce à des messagers accessibles plutôt qu’au moyen d’un jargon politique complexe. Des personnalités telles que la climatologue Dr Katharine Hayhoe démontrent comment une communication authentique peut capter l’attention du public, pourtant de nombreuses voix influentes manquent d’infrastructures numériques et de financements. Pour garantir un avenir durable, Fenton exhorte les sympathisants à parler de la crise sans relâche et à faire pression sur les organisations philanthropiques pour qu’elles investissent massivement dans la création d’une véritable demande publique en faveur d’un changement systémique.