L’utilisation de l’intelligence artificielle dans la rédaction d’articles scientifiques est beaucoup plus répandue qu’on ne le pensait. Selon une étude publiée sur le serveur de prépublication arXiv le 12 août, près de 90 % des articles biomédicaux publiés en décembre 2025 dans une grande base de données présentaient des indices évidents d’assistance par IA.
L’essor fulgurant des grands modèles de langage en recherche
Menée par des chercheurs tels que Lena Holzwarth, Rita González-Márquez et Dmitry Kobak, l’étude a examiné des articles en libre accès archivés dans le répertoire PubMed Central. Les résultats indiquent que le taux global d’utilisation des LLM pour les articles publiés tout au long de 2025 s’élève à 77 %, contre 52 % en 2024. Ces chiffres éclipsent largement les estimations antérieures, qui évaluaient ce taux à seulement 13.5 % en ne se basant que sur les résumés.
Où les scientifiques ont-ils le plus recours à l’intelligence artificielle ?
L’équipe de recherche a développé une nouvelle approche impartiale basée sur l’évolution de la fréquence des mots dans les textes intégraux. L’analyse démontre que les outils d’IA sont privilégiés dans certaines sections spécifiques. Ainsi, les chercheurs sont deux fois plus susceptibles d’utiliser un LLM pour rédiger un paragraphe dans la section Discussion (68 %) que dans la section Méthodes (32 %). Néanmoins, l’étude note que la prévalence globale dépasse 50 % même au sein des Méthodes.
Entre inclusion linguistique et intégrité académique
Depuis le lancement de ChatGPT par OpenAI en novembre 2022, les agents conversationnels ont transformé le milieu académique. Si certains saluent l’aide apportée aux chercheurs non anglophones, d’autres s’inquiètent des risques de fraude et de désinformation. ‘Pour éclairer les décisions politiques, il est nécessaire de surveiller la prévalence des textes altérés par les LLM dans les publications savantes’, ont souligné les auteurs, appelant à la mise en place de nouvelles lignes directrices.



